Samedi 22 mars, une quinzaine d’amis du musée de la Pêche ont eu la chance de participer à une visite guidée exceptionnelle de l’exposition consacrée à Jean Painlevé, un pionnier du cinéma scientifique et naturaliste. Intitulée « Les pieds dans l’eau ». Cette exposition met à l’honneur Jean Painlevé, cinéaste et biologiste reconnu pour ses films sous-marins mêlant science et poésie.
Au cours de la visite, les participants ont découvert les images fascinantes de la faune aquatique capturées par Painlevé, ainsi que ses techniques innovantes qui ont marqué l’histoire du documentaire scientifique.
L’ambiance conviviale a permis d’échanger autour de ses œuvres, quelquefois drôles mais toujours captivantes.
Cette sortie culturelle a ainsi offert un moment à la fois instructif et plaisant, soulignant la richesse du patrimoine maritime et la créativité d’un artiste qui a su plonger « les pieds dans l’eau » pour nous révéler un monde souvent invisible.
Jean Painlevé : entre science, art et poésie visuelle
Jean Painlevé (1902‑1989), cinéaste de renommée internationale, a révolutionné le documentaire scientifique en mêlant rigueur pédagogique et audace artistique. Proche des avant-gardes de l’entre-deux-guerres, il utilise le cinéma comme un outil d’exploration du vivant, alternant vues réelles et microscopiques pour révéler l’invisible.
Son œuvre, diffusée dans les ciné-clubs et les salles d’avant-garde, séduit par son approche non conformiste et ses affinités avec le surréalisme. Collaborant avec des figures majeures comme Calder, Léger ou Vigo, Painlevé brouille les frontières entre science et art, offrant des films à la fois informatifs et poétiques.
Dès les années 1950, avec Geneviève Hamon, il poursuit ses recherches cinématographiques, nourries par les travaux de biologistes et zoologistes.
Son univers se distingue par quatre axes forts :
- l’exploration du littoral,
- la pédagogie scientifique,
- l’engagement politique et surréaliste,
- une attention particulière au rythme, au montage et à la musique.
Présentée initialement au Jeu de Paume, l’exposition réalisée avec le Musée de Pont-Aven replace son œuvre dans son contexte historique et scientifique. Toujours aussi inspirants, ses films nous plongent dans un monde sensoriel et mental où la réalité vacille, entre rêve et connaissance.
La visite s’est terminée par la projection du film d’Alain Pichon intitulé Femme à bord : de l’observation à la science. Ce documentaire explore avec finesse la présence et le rôle des femmes dans le contexte maritime et scientifique. À travers des images captivantes et des témoignages éclairants, le film met en lumière la manière dont l’observation minutieuse, menée souvent par ces femmes à bord, a contribué à faire avancer la connaissance scientifique.
Le réalisateur présent lors de l’événement a ouvert des discussions sur plusieurs thèmes abordés dans le film.
Que ce soit les questions sociales ou techniques, chaque thème a été éclairé avec clarté.
«Femme à bord : de l'observation à la science»
Ce documentaire dresse les portraits de Marie-Henriette Dubuit et Yvanne Bouvet qui, depuis plusieurs années, recherchent l’équilibre entre la protection de la mer et l’importance de la pêche pour l’alimentation humaine.
Depuis plusieurs années, pêcheurs et scientifiques recherchent l’équilibre entre la protection de la mer et l’importance de la pêche pour l’alimentation humaine. Par cette séance spéciale, le Festival révèle à travers des images et des témoignages, l’action de trois femmes qui ont partagé cette recherche avec les pêcheurs.
Marie-Henriette Du Buit, la biologiste
Extraits de Chalutiers en pêche
Marie-Hteenriet Du Buit (1935-2015), une biologiste à l’écoute des pêcheurs, Elle étudie la nutrition des poissons de fond, au laboratoire de biologie marine du Collège de France à Concarneau. « Après le bac, j’ai tout de suite su que je voulais me consacrer à la biologie marine et surtout aux pois- sons ». Originaire de Plouzané dans le nord Finistère, Marie-Henriette Du Buit a fait ses études à la faculté des sciences de Paris. Un DEA d’océanographie biologique, sous la houlette de Pierre Drach, l’un des pères de l’océanographie, puis une thèse de troisième cycle sur les raies, avec pour maître Emile Postel, donneront le coup d’envoi à sa vocation. Nous sommes dans les années 1960, les sciences de l’océan prennent tout juste leur envol.
Yvanne Bouvet, la géographe
Extraits de À bord du Capitaine Pleven II et à bord de L’Alcor
Arrière-petite-fille de Terre-Neuvas, Yvanne Bouvet est géographe à l’université de Bretagne Ouest. Pendant ses études, elle embarque deux fois : 3 mois sur les bancs de Terre-Neuve à bord du Capitaine Pléven II, un des chalutiers usines de grande pêche française de l’armement la Comapêche de Saint-Ma- lo puis une marée à la pêche au thon, au sud du golfe de Gascogne, à bord d’un fileyeur. Ces deux expé- riences en mer et en pêche poseront les bases de ses réflexions universitaires sur la pêche maritime. De ces deux campagnes, elle ramène aussi des images édifiantes. Questions de lieux, de cartes, de travail à bord, de pêches, de techniques et d’impact.








